Mali : fin des occupations anarchiques des voies publiques
L’heure du grand ménage a sonné dans les artères de nos villes. Entre étalages sauvages, extensions de commerces illégales et emprises anarchiques sur la voie publique, les plus hautes autorités du pays sifflent la fin de la récréation. Face à l’asphyxie de la circulation et à la dégradation du cadre de vie, l’opération de déguerpissement qui s’annonce sonne comme un électrochoc salutaire.
Ce qui relevait de la tolérance administrative s’est transformé en un Far West urbain où la loi du plus fort ou du plus occupant l’a emporté sur le bien commun. Résultat : des piétons relégués au milieu de la chaussée au mépris de leur sécurité, des services d’urgence bloqués par des barrières de fortune, et une image ternie de nos centres urbains.
Le lancement imminent des opérations de déguerpissement marque une volonté claire de restaurer l’autorité de l’État et de remettre de l’ordre dans la cité. C’est un secret de polichinelle : des mesures de cette envergure suscitent toujours des grincements de dents, des inquiétudes légitimes de la part des petits commerçants et des appels à la clémence.
Selon le gouverneur du district de Bamako, M. Abdoulaye Coulibaly, l’occupation anarchique des voies publiques et des servitudes constitue une véritable préoccupation en matière de sécurité, de mobilité urbaine et d’organisation de la cité.
Il a ajouté que la voie publique est destinée à faciliter la circulation des personnes et de leurs biens ; lorsqu’elle est occupée de façon anarchique, cela crée tout naturellement des difficultés pour les usagers, les services techniques et les services de secours en cas d’urgence.
Par ailleurs, il a précisé que la mise en œuvre des instructions données par les plus hautes autorités du pays nécessite une action coordonnée et méthodique. En amont, les services techniques et ceux de la sécurité travailleront à identifier les espaces qui font l’objet d’occupations anarchiques, avant d’informer les occupants, puis de procéder aux opérations de libération. Celles-ci seront suivies d’un contrôle permanent pour éviter de nouvelles installations.
Enfin, le gouverneur a annoncé que ces opérations d’envergure seront menées très prochainement dans la capitale.
Pour certains responsables du syndicat des commerçants, si la fermeté est de mise, la réussite de cette vaste opération dépendra aussi de l’accompagnement et de la méthode. Déguerpir sans proposer d’alternatives pérennes aux petits acteurs du secteur informel risque de déplacer le problème plutôt que de le résoudre.
Par : Mohamed Kanoute
Source : Mali24
