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Masques dogons : l’histoire secrète de la « dame supérieure »

La sortie des masques est l’un des moments forts du Festival Ogobagna. La 10ème édition de cet évènement culturel s’est déroulée du 26 janvier au 2 février 2025 à la Place du cinquantenaire de Bamako sur les berges du fleuve Niger sous le thème : « Dialogue entre tradition et modernité : santé, culture, environnement et architecture au service du développement ». Derrière les masques dogons se cache l’histoire secrète d’une femme dont la figure est représentée sous le titre de la « sœur des masques » ou « la dame supérieure ».
Dans la programmation du festival Ogobagna, une initiative de l’association culturelle, Guina Dogon, la sortie des masques est très prisée par le public. Pour cette 10ème édition, elle s’est déroulée le samedi 1er février 2025 dans l’après-midi avec des chansons de fierté et des danses qui marquent la puissance et la signification de ces masques.
Bocary Guindo est membre de la section sous-commission communication du festival Ogobagna. « L’awa», raconte-t-il, est une société secrète qui impose des initiations. La société des masques a sa propre langue que l’on appelle « Sigui son ». « C’est une langue particulière que les non- initiés ne comprennent pas. Sur la scène, il y a le chef qui parle à chaque masque et l’invite à danser ou entrer dans la foule ou quand le masque policier court derrière les gens pour les chasser et un peu protéger la troupe, le chef peut lui dire d’arrêter ».
Cette société secrète est ouverte uniquement aux hommes, observe Bocary Guindo. Dès le départ, rappelle-t-il, les masques n’ont pas été domptés pour la première fois par les hommes mais plutôt par les femmes. « On raconte que c’est une femme qui est allée à la rencontre les génies qui inquiétaient les gens dans la brousse….Elle a jeté, travers les connaissances qu’elle a pu obtenir, des pierres au génie. Et le génie en disparaissant a laissé ses masques. Elle a récupéré les masques pour les ramener à la maison », relate Bocary Guindo.
Dans une interview accordée, en 2022, au journal en ligne « Sahelien.com », Sékou Dolo, responsable des masques, fournit plus d’éclairages. Selon lui, « la sœur des masques que l’on appelle la dame supérieure représente la femme qui est l’origine de la découverte du masque en brousse ». Sékou Dolo rapporte la démarche qui a conduit à retirer le masque des mains de la femme à l’origine de sa découverte. « La femme étant à l’origine de l’acquisition du masque, vu l’état effrayant du masque, l’homme s’est dit qu’elle faisait peur à la communauté, vu que l’homme étant le protecteur de la société si la femme faisait peur à l’homme alors il avait lieu de décider de quelque chose. Voilà comment les hommes se sont réunis sous la case à palabre. Sur le conseil des patriarches, ils ont décidé de reprendre le masque avec la femme pour qu’il devienne une propriété des hommes et en reprenant le masque avec la femme, ils ont institué une société secrète pour qu’il soit réservé aux hommes et aux initiés ». À en croire Sékou Dolo, une dérogation a été faite pour accepter cette femme au sein de la société secrète. « Puisqu’elle est au courant du secret atour du masque…, il fallait l’accepter au sein de cette société. Voilà pourquoi la sœur des masques, la dame supérieure a été la seule femme acceptée au sein de cette société ».
Bocary Guindo a rappelé que n’importe quelle femme ne peut représentée la sœur des masques à côté des hommes. Ce sont les femmes qui sont venues au monde pendant le Sigui, la fête des masques qui peuvent représenter « la sœur des masques » ou « la dame supérieure ». D’où la participation rare des femmes auprès des hommes lors de la sortie de l’Awa, remarque Bocary Guindo.

Kouroutoune Doumbia

Mali24

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