Militarisation de l’administration universitaire : Le SNESUP montre ses muscles
Le torchon brûle entre le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Bouréma Kansaye et le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (CEN-SNESUP).
À l’origine du différend, la nomination du colonel Nouhoum Ndiaye en qualité de représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour la supervision des tests et concours de recrutement à l’enseignement supérieur.
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (CEN-SNESUP), par la voix de son secrétaire général, M. Oumar Coulibaly, dénonce une ingérence inacceptable et une menace directe pour les franchises universitaires.
Dans sa correspondance en date de ce mardi 15 septembre 2026, le syndicat ne mâche pas ses mots. Il souligne que les tests et concours de recrutement à l’enseignement supérieur relèvent d’un domaine éminemment académique et scientifique et doivent être conduits dans le strict respect des compétences des structures universitaires, des principes de libertés académiques, de l’éthique universitaire et des textes régissant l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.
À cet égard, la désignation d’un représentant extérieur au corps académique pour assurer la supervision de ces opérations est perçue par le CEN-SNESUP comme une mesure susceptible de créer une ingérence dans des activités qui nécessitent avant tout une expertise académique, scientifique et pédagogique, précise le syndicat dans sa correspondance.
En conséquence, le CEN-SNESUP recommande :
L’abrogation de la décision de nomination du colonel Nouhoum Ndiaye comme représentant du ministre pour la supervision des tests et concours de recrutement dans l’enseignement supérieur.
La clarification des motifs, des missions précises et du fondement juridique du haut fonctionnaire de la défense auprès du ministère de l’Enseignement supérieur.
Le retrait des charges d’enseignement confiées à l’intéressé auprès de l’ENI et de l’ENETP afin qu’il puisse se consacrer pleinement à une meilleure sécurisation de l’espace universitaire.
À noter que ce nouveau front ouvert entre le gouvernement et le syndicat le plus influent du monde universitaire s’annonce d’ores et déjà comme un test décisif pour la stabilité de l’année académique en cours.
Mohamed Kanoute
Source : Mali24
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