Niamber Kayantao : L’artisanat comme héritage et résistance
Originaire de Djenné, Niamber Kayantao est une femme pleine d’initiatives dont les mains racontent l’histoire d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Depuis plus de vingt ans, elle évolue dans le domaine de la fabrication de colliers et de bracelets, un métier qu’elle exerce avec passion et détermination malgré les difficultés liées à la crise que traverse le Mali.
Autrefois, elle transformait des chaussures en plastique en bracelets appelés en bambara « Bozo mana ». Une activité florissante à l’époque, aujourd’hui fortement impactée par la baisse du marché. « Depuis la crise, il n’y a plus de clients. Les étrangers, qui achetaient beaucoup nos produits, ne viennent plus », confie-t-elle avec regret. Face à cette situation, Niamber a su se réinventer. Elle s’est tournée vers la poterie, utilisant la boue de Djenné pour créer divers articles artisanaux, notamment des colliers et des « loubana ».
Son attachement au travail manuel remonte à l’enfance. Elle transformait déjà le coton en couvre-lits ou en pagnes. Elle a également expérimenté les Camayiri avant de se consacrer pleinement aux perles et aux colliers. Aujourd’hui encore, elle achète certaines matières premières à Bamako et à Djenné afin de diversifier ses créations.
Mère engagée, elle a transmis son savoir-faire à tous ses enfants, filles comme garçons. « Chacun crée son propre modèle », explique-t-elle fièrement. Si l’activité leur permet de subvenir à leurs besoins, épargner reste difficile.
Soutenue par son mari, qui l’a encouragée à participer au festival malgré ses hésitations, la brave Niamber voit dans ces événements une rare opportunité de marché. Cela fait trois ans qu’elle y prend part. Elle a également participé au salon international des artisans du Mali (SIAMA) depuis ses débuts. Toutefois, elle rêve d’avoir sa propre boutique, un projet encore en attente faute d’espace à l’artisanat.
Malgré les défis, Niamber garde foi en l’avenir. Elle prie pour la paix au Mali et encourage les jeunes filles à travailler pour ne dépendre de personne. « L’argent est un destin, mais grâce au travail, tu gardes ta dignité », affirme-t-elle avec conviction.
À travers ses créations, Niamber Kayantao incarne la résilience des femmes artisanes maliennes, debout malgré la tempête.
Kada Tandina, Korotoume Doumbia
Mali24.info
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