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OR ARTISANAL AU MALI : L’ÉTAT REPREND LA MAIN AVEC LE LANCEMENT DE L’OMASP

Le Mali tourne une page décisive de son histoire minière. En ce mois d’octobre 2026, l’Office malien des substances précieuses (OMASP) vient d’entrer officiellement en activité. Le premier conseil d’administration, réuni à Bamako ce 07 octobre, marque le coup d’envoi d’une réforme très attendue, dont le but est clair ; restructurer de fond en comble le secteur de l’or artisanal et des petites mines.

Pendant des décennies, l’exploitation aurifère artisanale s’est développée dans un flou préjudiciable à l’économie nationale. Bien que le secteur emploie près de deux millions de personnes réparties sur près de 400 sites, une grande partie de la production échappait aux radars de l’État. Le gouvernement justifie cette reprise en main par un constat alarmant ; des écarts colossaux existent entre les exportations officielles et les volumes déclarés par les pays acheteurs.

Selon un rapport de SWISSAID, entre 30 et 57 tonnes d’or sortaient chaque année du territoire de manière illicite, représentant des milliards de dollars de manque à gagner. Les circuits informels profitaient à la contrebande et parfois au financement de réseaux occultes, au détriment du Trésor public.

C’est pour colmater cette brèche que l’État a réagi, dans le sillage du nouveau Code minier de 2023. Créé en avril 2026 et ratifié fin juin, l’OMASP a désormais le monopole pour encadrer ce marché.

Cet établissement public devient l’acteur central de la filière. Il est chargé d’acheter, de transformer, de certifier et d’exporter l’or issu de l’orpaillage. l’OMASP travaillera avec des comptoirs privés et des collecteurs dûment agréés. La traçabilité devient le maître-mot, assurant que chaque gramme d’or extrait profite à la nation.

De plus, pour encourager les acteurs à intégrer ce circuit légal sans pénaliser leur rentabilité, les opérations d’achat et de vente d’or sur le marché national seront exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L’organisme procédera également à la transformation locale de l’or brut en lingots, au titrage et au raffinage.

Avec Soumaïla Siby à sa tête, l’OMASP incarne aujourd’hui la quête de souveraineté économique du Mali. En sécurisant les ressources naturelles, Bamako espère convertir la richesse de son sous-sol en véritable levier de développement pour tous.

Stephan MOMO (stagiaire)

MALI 24

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