La préfecture de Siguiri, épicentre de l’orpaillage en Guinée, vient de faire l’objet d’une décision administrative d’une sévérité inédite. Face aux ravages environnementaux et aux menaces sécuritaires persistantes liées à l’orpaillage clandestin, 22 administrateurs territoriaux ont été officiellement révoqués de leurs fonctions.
Ce mardi 3 novembre 2026, par un décret présidentiel, le président de la République de la Guinée Conakry Mamadi Doumbouya, a prononcé la radiation de 22 administrateurs territoriaux en poste dans la région de Siguiri.
Cette mesure radicale marque un tournant dans la volonté des autorités de mettre un terme à l’impunité et au laxisme qui favorisent l’exploitation illégale des ressources aurifères dans cette région minière.
Les autorités concernées sont accusées d’avoir encouragé des pratiques extractives illégales ayant provoqué des dégâts environnementaux majeurs : destruction massive de terres cultivables, pollution et dégradation des cours d’eau, et atteintes graves à la faune, à la flore et aux ressources halieutiques locales.
La décision frappe plusieurs échelons de la hiérarchie locale, incluant des préfets, des sous-préfets ainsi que des responsables assurant des fonctions par intérim dans la préfecture et les sous-préfectures de la région.
Siguiri, reconnue pour ses immenses potentialités aurifères, est depuis des années le théâtre d’une ruée vers l’or incontrôlée. Entre creusage illégal en zones interdites, destruction massive du couvert végétal, pollution des cours d’eau par les produits chimiques (notamment le cyanure et le mercure) et conflits permanents, la situation avait atteint un seuil alarmant.
Jusqu’à présent, les appels à l’ordre et les interdictions successives semblaient lettre morte sur le terrain. De l’avis général, cette persistance de l’orpaillage clandestin n’était possible qu’en raison de la complicité passive, voire active, de certains représentants de l’État censés faire respecter la loi.
En ciblant directement la chaîne de commandement locale, le gouvernement rappelle que la complaisance administrative ne sera plus tolérée.
La révocation de ces 22 administrateurs (sous-préfets et autres responsables locaux) illustre la mise en œuvre d’une responsabilité managériale et républicaine. En clair, l’incapacité ou le refus de protéger l’environnement, de préserver le domaine public minier et de garantir la sécurité des populations locales entraîne désormais des conséquences professionnelles immédiates et irréversibles.
Afin de garantir la mise en œuvre effective de cette mesure administrative, le décret engage l’action conjointe de plusieurs départements ministériels, notamment ceux de l’Administration du territoire et de la Décentralisation , de la Défense nationale , de la Sécurité et de la Protection civile ,de la Justice et des Droits de l’Homme , de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale ; ainsi que de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique.
Par : Mohamed Kanouté
Source : Mali24
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