Paraguay : Santiago Peña annonce sa démission après le scandale bancaire d’Ueno Bank, près de 3 millions de clients pris au piège
Le Paraguay traverse une grave crise financière et institutionnelle. Le président Santiago Peña a annoncé, ce jeudi 5 novembre 2026, sa décision de quitter le pouvoir, dans un contexte marqué par la mise sous procédure de résolution d’Ueno Bank, une banque dont les difficultés de solvabilité ont privé près de 3 millions de clients de l’accès à leurs dépôts. Une affaire aux ramifications politiques qui menace désormais la stabilité des institutions du pays.
C’est un véritable séisme financier et politique qui secoue le Paraguay. La crise déclenchée par les difficultés d’Ueno Bank a pris une tournure spectaculaire avec l’annonce de la démission du président Santiago Peña, intervenant alors que le Congrès s’apprêtait à engager une procédure de destitution contre lui.
À l’origine de cette situation explosive, la décision de la Banque centrale du Paraguay, annoncée le 3 novembre 2026, d’engager une procédure de résolution à l’encontre d’Ueno Bank. Cette mesure fait suite à la découverte de graves insuffisances financières, notamment un ratio de solvabilité tombé à moins de 50 % du minimum réglementaire exigé. L’établissement comptait environ 2,9 millions de clients, soit près de 60 % de la population adulte du pays.
Cette intervention a provoqué une onde de choc dans le pays. Des millions de clients se sont retrouvés dans l’incertitude concernant l’accès à leurs comptes et à leurs économies. La situation a également suscité une vive inquiétude autour des quelque 850 millions de dollars de fonds publics confiés à l’établissement, dont des ressources liées aux retraites et à la protection sociale.
Un scandale bancaire aux lourdes conséquences politiques
Au-delà de ses répercussions financières, l’affaire a rapidement pris une dimension politique. Santiago Peña, qui avait entretenu des liens d’affaires avec le groupe propriétaire de la banque avant de céder ses participations en 2025, s’est retrouvé au centre des critiques de l’opposition. Celle-ci lui reproche notamment de possibles conflits d’intérêts et réclame des explications sur la gestion et le placement des ressources publiques dans cette institution privée.
La crise a également entraîné le départ du président de la Banque centrale et des poursuites visant plusieurs responsables de l’établissement bancaire. Des arrestations ont été signalées dans le cadre des investigations ouvertes sur les irrégularités présumées.
Face à la montée de la contestation populaire et à la pression parlementaire, le chef de l’État a progressivement perdu des soutiens au sein même de son camp politique. La perspective d’une procédure de destitution a ainsi considérablement fragilisé son pouvoir.
Santiago Peña choisit la démission
C’est dans ce climat particulièrement tendu que le président paraguayen a annoncé, le 5 novembre, sa décision de présenter sa démission. Dans une déclaration vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il a expliqué que son choix était motivé par la nécessité de préserver la stabilité du pays, la paix sociale et les institutions démocratiques.
Le chef de l’État a également exprimé son souhait de voir les épargnants récupérer leur argent et les fonds publics protégés. Sa démission doit toutefois suivre les procédures constitutionnelles et parlementaires prévues au Paraguay.
Sur le plan financier, les autorités ont annoncé le démarrage du mécanisme d’indemnisation des déposants éligibles à la garantie des dépôts. Le processus doit se dérouler progressivement, tandis que le sort des sommes dépassant les plafonds de garantie reste une préoccupation majeure.
