Personnes déplacées et planification familiale : Une lueur d’espoir

Depuis 2011, notre pays, le Mali, a fait de la planification familiale (PF), une priorité nationale. Elle est reconnue comme un moyen essentiel pour améliorer le bien-être des femmes et de leurs familles. Des avancées significatives ont été constatées de 10% en 2012 (EDSM V) à 16% en 2018 (EDSM VI). Cependant les crises socio-politique et sanitaire ont occasionné des déplacements massifs et des viols qui ont eu une incidence majeure sur l’accès aux services de santé sexuelle.

Pour pallier les difficultés liées à l’accès aux services PF des personnes déplacées, les autorités du Mali, à travers l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR) ne ménagent aucun effort pour atténuer leur souffrance.

Sous la présidence du secrétaire général de la primature, la 18ème édition de la campagne nationale de promotion de la planification familiale a été lancée. Le thème était : « La planification familiale en période de crise : solidarité aux personnes déplacées et aux victimes de violences ».

Cette 18ème édition constituera pour les personnes déplacées une lueur d’espoir pour leur autonomisation car elle leur permettra sans doute d’être suffisamment édifiées sur les notions de la santé sexuelle et reproductive, d’assurer la disponibilité des services PF mais aussi et surtout leur importance dans leur quotidien.

Tiémoko Traoré est le gestionnaire des sites de déplacées de Bamako et environs. Il dira : « en matière de dépenses familiales la planification réduit les charges des chefs de familles ; le second aspect est que les femmes déplacées ont des difficultés d’accès aux centres de référence donc si les structures viennent vers nous déjà c’est un grand atout pour nous, une lueur d’espoir pour faire comprendre aux femmes des avantages multiples de la planification familiale ». Selon monsieur Traoré, une bonne planification permet de réduire les décès, les grossesses précoces, les grossesses non désirées etc. Ce que j’apprécie c’est la mobilité de ces services vers les sites. 

Pour mieux éclairer la lanterne des femmes déplacées, Tiémoko Traoré prône davantage sur la sensibilisation compte tenu de leurs milieux de provenance. 

Tedy Barry, déplacée de Koro, région de Mopti, porte-parole des femmes déplacées au centre Mabilé de Sogoniko, a indiqué que la PF constitue pour les femmes un atout très important. « La planification familiale a une importance innombrable dans la vie de couples. Ça permet non seulement aux enfants de mieux grandir en bonne santé mais aussi aux parents de s’occuper d’eux, à faire un peu d’économie ».

S’agissant de leur condition de vie de déplacées en lien avec leur santé reproductive, la porte-parole dira : « Nous sommes là compte tenue de la situation sécuritaire du pays, ce qui est un fait de Dieu,  s’il y a un nombre important de déplacées comme celui-là ce n’est pas facile à gérer. Il y a des femmes et des jeunes filles parmi nous et il est vraiment important de les parler de l’importance de la planification familiale pour éviter les risques. Les risques surtout liés aux grossesses non désirées et des maladies. Je demande aux autorités de nous fournir des services PF mais dans la clandestinité parce qu’il y a des femmes parmi nous qui souhaitent le faire mais qui ont la honte de donner leur accord publiquement » a-t-elle conclu. 

Abondant dans le même sens qu’Alhorè Alpha Barry, déplacée de Bankass, Salimata Belou, une autre déplacée de Koro, région de Mopti, nous a livré son petit secret. A l’en croire, il y a parmi elles,  beaucoup de femmes qui aiment les services PF pour assurer leur autonomie, gage de leur plein épanouissement. « Ici, au camp de déplacées, nous manquons d’information concernant la PF et l’accessibilité des services, cela est dû à plusieurs facteurs aussi comme la langue, tout le monde ne comprend pas le Bambara ». 

A l’instar des autres femmes déplacées, Salimata Belou a indiqué que la planification familiale a une importance capitale dans la vie d’une femme, car selon elle, la PF lui permet  de mieux élever ses enfants, de mieux les éduquer et de mieux gérer son économie.

Bourama CAMARA

Journaliste au site Mali24.info

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