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RDC : 15 ANS DE TRAVAUX FORCÉS REQUIS CONTRE L’EX-MINISTRE DE LA JUSTICE CONSTANT MUTAMBA ET CHANÇARD BOLUKOLA

Victimes sacrifiées, millions volatilisés. L’affaire du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) connaît une nouvelle tournure. Ce 19 août 2026, devant la Cour de cassation à Kinshasa, le procureur général a requis 15 ans de travaux forcés à l’encontre de l’ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba, et de Chançard Bolukola Osony (ancien coordonnateur par intérim du FRIVAO). Mis en cause pour détournement de deniers publics en participation criminelle directe, le parquet réclame également à leur encontre 5 ans d’inéligibilité, l’interdiction de voter, ainsi que le remboursement solidaire des fonds détournés. Le verdict final est attendu pour le 2 septembre 2026.

C’est le point d’orgue de 26 ans de larmes à Kisangani, en RDC. Après avoir survécu à la sanglante « Guerre des Six Jours » entre l’Ouganda et le Rwanda en l’an 2000, l’espoir d’une vie reconstruite pour les rescapés se brise lentement sous les coups de prédateurs de fonds. Où est passé l’argent du FRIVAO, l’argent des sinistrés ? Selon l’accusation, cette immense enveloppe de réparation a été détournée vers des projets privés, des institutions et des intérêts personnels, au détriment des indemnisations individuelles directes

Parmi les dépenses suspectes que la justice interroge, figurent 14 millions de dollars américains alloués à la société privée Congo Energy pour un projet d’électrification à Kisangani ; une somme que l’accusation estime totalement détournée de son but initial. On compte également 4 millions de dollars d’indemnisation accordés à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), alors que l’Institut lui-même n’avait évalué ses préjudices matériels, environnementaux, physiques et moraux qu’à hauteur de 767 564 dollars. Les fonds versés à l’Assemblée provinciale de la Tshopo (200 000 dollars), à la société DIVO SARL (1,24 million de dollars), à Global Assurance pour le compte de l’hôtel Wagenia (2 millions de dollars), à l’hôtel Zambes (2,5 millions de dollars), ainsi qu’une enveloppe de 269 920 dollars décaissée pour des besoins strictement personnels, ne sont pas en reste.

Si Constant Mutamba (absent lors de l’audience bien qu’il ait été régulièrement notifié de sa tenue) continue de dénoncer un complot orchestré par des « réseaux mafieux », il n’échappera pas au dénouement judiciaire fixé au 2 septembre. Ce procès, devenu le symbole de la lutte contre l’impunité et les détournements de fonds publics en RDC, interpelle désormais au plus haut point les dirigeants sur le respect sacré de la dignité humaine.

Stephan MOMO (Stagiaire)

MALI 24

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