Entre Nous : Le pouvoir arrête le pouvoir
La Cour suprême des Etats-Unis d’Amérique a invalidé, le vendredi 20 février 2026, les droits de Douane imposés par le Président Donald Trump à ses partenaires commerciaux sur toutes les importations. Selon le « Courrier international », « la majorité des juges-six contre trois- a estimé que le milliardaire ne pouvait imposer de tels droits de douane sans autorisation préalable du Congrès, et encore moins en se réclamant, comme il l’avait fait, d’une loi d’urgence économique votée en 1977 ». La presse internationale a qualifié cette décision de « claque monumentale » à la majorité conservatrice et d’humiliation et de désaveu pour Trump.
Le juge fédéral américain Brian Murphy a déclaré, le mercredi 25 février, illégale la politique d’expulsion des immigrés en situation irrégulière vers des pays tiers de l’administration Trump. En mars 2025, le même magistrat avait pris la décision de bloquer provisoirement des expulsions d’étrangers d’origine asiatique vers la Libye.
Dans son ouvrage « De l’esprit des lois », Montesquieu justifiant sa théorie de séparation de pouvoirs expliquait : « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». Il est parti du postulat que « tout homme ayant du pouvoir est porté à en abuser et que la concentration des pouvoirs est synonyme de tyrannie ».
La justice américaine, à travers ces décisions, prouve ainsi à Donald Trump qu’il ne peut pas tout faire et que son pouvoir a des limites. Quand le pouvoir arrête le pouvoir. La décision de la Cour suprême et celle du juge Brian Murphy consacrent la suprématie des principes démocratiques sur les velléités abusives d’un homme qui ne voit pas de limites à son pouvoir. De telles décisions qui permettent d’établir un équilibre au sein du système démocratique constituent des gages de stabilité d’un pays. Elles évitent des dérives mais aussi garantissent la crédibilité de l’Etat de droit et le bon fonctionnement de la République.
Que le pays soit en démocratie ou pas, l’institution judiciaire n’est pas un acteur ou un spectateur mais un arbitre dont le rôle fondamental est d’empêcher la concentration excessive du pouvoir entre les mains d’un homme ou la prise en otage des libertés par les hommes du système.
« La justice est et demeure la première réponse à la situation de crise que traverse douloureusement notre pays et qui la menace jusque dans son socle social. La justice est un rempart absolu contre les violations, contre les excès et elle est le remède des contradictions. La justice est l’obstacle face au politique. La justice est le rempart puisqu’elle limite le politique dans son dessein d’abuser du pouvoir et contre les excès des gens de pouvoir. Elle est le bouclier qui doit protéger les faibles. Elle est l’épée qui doit frapper les puissants lorsque ceux-ci dévient du droit chemin au mépris du bien commun ». Ces propos tenus, le 30 novembre 2017, Me Mamadou Ismaïla Konaté, alors Garde des Sceaux, lors de la cérémonie de passation avec le nouveau ministre Hamidou Younoussa Maïga reste d’actualité.
Les juges de la Cour suprême des Etats Unis, dont certains ont été désignés par le Président Trump, rehaussent ainsi le « devoir d’ingratitude », qui désigne « l’obligation morale pour tout juge de faire abstraction de la loyauté politique due à l’autorité qui l’a nommé pour ne se soumettre qu’à la loi et à la Constitution ».
Chiaka Doumbia
le challenger
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