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Affaires Kemi Seba : Un panafricanisme à l’épreuve des appréhensions

Le célèbre leader panafricaniste, promoteur «Urgences panafricaines» et non moins conseiller à la présidence du Niger, Kémi Seba, a maille à partir depuis quelques jours avec la justice sud-africaine. Il a été mis aux arrêts dans ces confins d’Afrique Australe pour tentative de franchir illégalement les frontières du Zimbabwe voisin en compagnie de son fils de 18 ans, avec comme destination finale l’Europe. Cet énième ennui judiciaire du Franco – Béninois déchu de sa nationalité française intervient pendant qu’il se trouve sous le coup d’un mandat d’arrêt international des autorités du Benin pour apologie de coup d’Etat et présomption de participation à la tentative échouée de renverser le président sortant Patrice Talon. C’est ainsi que les autorités béninoises sont aussitôt entrées en négociations avec leurs homologues sud-africaines aux fins d’obtenir l’extradition de celui qui s’était délecté sans fard, sur les réseaux sociaux, du coup de force finalement déjoué par l’armée loyaliste du Benin.
En attendant, l’aboutissement éventuel des transactions inter-Etats sur son sort judiciaire, l’illustre opposant et figure anti-Franc’Afrique cristallise et alimente la polémique par un élément audio aussi sulfureux et embarrassant que ses ennuis judiciaires. En effet, dans une conversation ayant fuité et saturé les différentes plateformes, il est l’auteur de diatribes jamais véhiculés auparavant sur le fonctionnement de la nouvelle vague panafricaniste qu’il a portée à bout de bras ainsi que sur son instrumentalisation comme levier de déstabilisation et de désorganisation. Il s’agit, somme toute, d’une véritable confession à laquelle s’est livrée Kemi Seba, quitte à avouer sa partition dans le torrent d’accusations portées contre ses soutiens, partenaires et condisciples. Y figurent les autorités des trois pays de l’AES, que la figure emblématique du souverainisme décrit   dans sa conversation privée comme des adeptes opportunistes d’une cause qui ne leur servirait que pour la légitimation de leurs pouvoirs nouvellement conquis. Le Niger où il fait office de conseiller à la présidence est relativement épargné, mais au sujet du Mali, il dénonce l’incarcération d’acteurs et compagnons emblématiques de la chute d’IBK laissés en rade par le pouvoir militaire, tandis qu’il s’étonne du culte voué à Vladimir Poutine au Burkina-Faso en dépit des tendances racistes d’une Russie qui déteste les Noirs. L’ancien compagnon du défunt Prigogine, qui ne jouit probablement plus des mêmes privilèges depuis la dissolution de Wagner, ne s’arrête pas en si bon chemin. Moscou est également ouvertement taxée d’être à la manœuvre pour déstabiliser les régimes africains les plus fragiles, à coups de leviers médiatiques et propagande portée par des relais panafricanistes – dont certains sont comme lui confortablement installés dans les palais présidentiels de l’espace. Aussi étrange que cela puisse paraître, aucun des condisciples de Kemi Seba n’a eu à redire sur ses révélations. Ils ont visiblement préféré se murer derrière un mutisme qui ne les exonère pas, ni ne leur épargne les éclats des disgracieuses révélations portées par un témoin aussi avisé de leur parcours commun ainsi que des péripéties ayant jalonné la partition de la vague panafricaniste dans les récentes mutations et tribulations intervenues dans le continent. En définitive, le cas Kemi Seba, quelle qu’en soit l’issue, pourrait avoir marqué un tournant sur fond d’interrogations et d’appréhensions sur la réelle nature du mouvement, la crédibilité des discours qu’il porte ainsi que sur la teneur des idéaux ayant si longtemps emballé les opinions.

A KEITA

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