MALI : 23,5 TONNES D’OR PRODUITES AU 1ER SEMESTRE, LA PRODUCTION INDUSTRIELLE S’ENVOLE DE 30 %
L’industrie minière malienne confirme son redressement. Au cours des six premiers mois de l’année 2026, la production industrielle d’or a progressé de plus de 30 % par rapport à la même période en 2025, s’établissant à 23,5 tonnes contre environ 18 tonnes un an plus tôt. Récemment présentés à Bamako par le ministre des Mines, le Pr Amadou Keïta, ces résultats dépassent la prévision intermédiaire de 21,2 tonnes que le gouvernement avait inscrite dans sa feuille de route.
Ce dynamisme marque une rupture nette avec l’exercice 2025, marqué par un recul de 22,9 % de la production annuelle, tombée à 42,2 tonnes. Cette contre-performance découlait en grande partie de la suspension prolongée des opérations au sein du complexe de Loulo-Gounkoto, dans le sillage de tensions entre l’État et le groupe canadien Barrick Gold relatives à la mise en conformité avec le code minier adopté en 2023.
Le retour à une cadence soutenue à Loulo-Gounkoto s’avère l’un des moteurs de cette reprise. Avec 6,9 tonnes extraites au premier semestre, le site dépasse déjà sa production globale de 2025 (5,5 tonnes). La mine de Fekola, exploitée par la compagnie B2Gold, demeure néanmoins le premier pourvoyeur d’or du pays avec 8,85 tonnes, soit près de 38 % du volume industriel national. Les opérateurs Allied et Resolute complètent les extractions avec respectivement 3,5 et 3 tonnes.
Au-delà de la performance technique, les autorités maliennes entendent maximiser la contribution du sous-sol aux finances publiques. L’application rigoureuse du nouveau code minier vise à accroître la part d’intérêts de l’État et les retombées fiscales. Conjuguée à des cours mondiaux du métal jaune toujours élevés, cette hausse des tonnages soutient substantiellement les recettes budgétaires et les réserves de devises du Trésor public.
Avec plus de la moitié du contrat rempli à mi-parcours, le Mali est bien positionné pour atteindre, voire franchir, son objectif annuel fixé à 43,2 tonnes. La consolidation de cette trajectoire dépendra toutefois de la pérennité du dialogue entre les compagnies et l’administration malienne.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
