Mali : la recherche d’alternatives au bois-énergie au cœur d’un atelier de validation
MLa 2ᵉ session du Comité national de pilotage consacrée à l’examen du rapport provisoire de l’étude sur les initiatives d’alternatives au bois-énergie s’est tenue ce jeudi à Bamako. Les travaux visent à consolider les données et recommandations d’une étude destinée à accompagner le Mali vers un mix énergétique plus diversifié et plus durable.
La pression sur les ressources forestières s’accentue au Mali. Pour faire face à cette situation et identifier des solutions énergétiques adaptées aux réalités des populations, les acteurs concernés se sont réunis ce jeudi dans une salle de la Direction des finances et du matériel du ministère de l’Agriculture, dans le cadre d’un atelier de validation du rapport provisoire de l’étude sur les initiatives d’alternatives au bois-énergie.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Soumana Fofana, représentant le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Il avait à ses côtés Maurice Koné, chargé de programme et assistant du représentant de la FAO par intérim, ainsi que le Colonel-Major Boubacar Sidiki Maïga, représentant le Directeur général des Eaux et Forêts. Des points focaux des régions de Ségou, Sikasso, Kita et du District de Bamako ont également pris part aux travaux.
Le contexte présenté lors de l’atelier met en évidence la forte dépendance du Mali à la biomasse ligneuse. Selon les données citées dans le document de l’étude, 98 % des besoins énergétiques de la population sont couverts par le bois de chauffe et le charbon de bois, utilisés notamment par les ménages et certaines industries traditionnelles.
Cette situation exerce une pression importante sur les ressources forestières. Selon les données citées dans le rapport, plus de 500 000 hectares disparaîtraient chaque année, sous l’effet notamment des prélèvements de bois, des feux de brousse et des défrichements agricoles.
L’évolution de l’offre et de la demande est également préoccupante. Les prélèvements de bois seraient estimés à plus de 12 millions de tonnes par an, alors que le potentiel de régénération serait évalué à environ 7 millions de tonnes par an.
Au-delà des enjeux environnementaux, cette pression sur les ressources forestières comporte également des dimensions économiques et sociales. Le commerce du bois-énergie constitue notamment une importante source de revenus pour de nombreux agriculteurs situés dans les zones d’approvisionnement des grands centres urbains.
C’est dans ce contexte que le Gouvernement du Mali, à travers le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, a sollicité l’appui de la FAO pour contribuer à réduire l’impact de l’exploitation du bois-énergie sur l’environnement.
Un protocole d’accord a ainsi été établi entre la FAO et la Direction générale des Eaux et Forêts pour la mise en œuvre du projet. L’étude réalisée par un consultant national a notamment porté sur la problématique de l’adoption des énergies de substitution au bois-énergie, le diagnostic des sources d’approvisionnement énergétique ainsi que l’identification des initiatives alternatives développées au Mali.
La collecte des données a concerné plusieurs catégories d’acteurs, notamment les ménages, les boulangeries, les huileries, les unités de transformation et les services techniques, mais également les décideurs publics.
Dans son intervention, Maurice Koné, représentant la FAO, a rappelé que l’étude vise à contribuer à une meilleure connaissance des pratiques de consommation énergétique afin d’identifier les facteurs favorisant ou limitant l’adoption des alternatives au bois-énergie.
Il a également souligné l’importance d’actualiser les données sur le mix énergétique, de catégoriser les utilisateurs du bois-énergie et de proposer des mesures adaptées aux différentes catégories identifiées. Pour la FAO, cette démarche doit permettre de mieux répondre aux défis liés à la protection des ressources naturelles et de l’environnement, tout en accompagnant les objectifs de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).
Au nom du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Soumana Fofana a insisté sur la nécessité de promouvoir des solutions énergétiques diversifiées, accessibles et respectueuses de l’environnement. Il a rappelé que la croissance démographique, l’urbanisation et l’augmentation des besoins énergétiques accentuent la pression exercée sur les ressources forestières, notamment autour des grands centres urbains.
Selon lui, la réduction durable de cette pression ne peut se faire sans tenir compte des réalités économiques et sociales des populations. Les alternatives proposées doivent notamment prendre en considération leur accessibilité, leur disponibilité, leur coût et leur acceptabilité par les ménages, les activités économiques et les communautés rurales et urbaines.
Le représentant du ministre a également souligné que les initiatives déjà développées au Mali doivent être davantage documentées, capitalisées et évaluées afin d’identifier celles qui présentent un potentiel de développement et de mise à l’échelle.
L’atelier constitue ainsi une étape importante dans le processus de finalisation de l’étude. Les participants sont appelés à vérifier la conformité du rapport avec les termes de référence, à contrôler l’exactitude des données, de la méthodologie et des analyses, puis à formuler des corrections et compléments nécessaires.
Coulibaly A
Mali24
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