SERGUEÏ LAVROV, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE RUSSIE « LA COUR PÉNALE INTERNATIONAL N’A AUCUNE UTILITÉ »
La légitimité de la Cour pénale internationale (CPI) est une fois de plus attaquée. « Elle n’a plus sa place dans l’architecture mondiale ». C’est la déclaration choc qu’a formulée le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ce 15 septembre 2026 à Moscou lors d’une table ronde organisée pour le corps diplomatique. Ce réquisitoire contre une justice internationale jugée partiale résonne avec force au cœur du Sahel. Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) (le Mali, le Burkina Faso et le Niger), engagés dans un processus de retrait de la Cour prévu pour 2027, y voient le miroir de leur propre combat contre l’impérialisme occidental.*
Pour le chef de la diplomatie russe, le verdict est sans appel. Sergueï Lavrov estime que la CPI a définitivement échoué à remplir sa mission d’impartialité. Pire encore, il dénonce un deux poids, deux mesures flagrant, citant l’existence de clauses d’exclusion qui, selon lui, protègent l’Ukraine de toute poursuite pendant huit ans, tandis que la Russie fait l’objet d’un ciblage politique. Selon Moscou, la Cour ne cherche plus à rendre la justice, mais à servir d’arme diplomatique pour le bloc occidental.
Cette charge frontale contre l’ordre judiciaire mondial ne relève pas de la simple rhétorique isolée. Elle pose les fondations idéologiques d’un nouvel axe géopolitique, où la Russie se positionne en leader de la contestation face aux institutions héritées de l’après-guerre.
C’est précisément sur ce terrain des convictions partagées que se cristallise le partenariat stratégique entre Moscou et l’AES. En qualifiant la CPI d’« outil de répression néocoloniale », Bamako, Ouagadougou et Niamey ne font pas que rejeter une juridiction, ils s’identifient pleinement à l’acharnement que subit la Russie. Pour l’AES, les mandats d’arrêt et les enquêtes internationales ne sont que les instruments d’une même cabale occidentale visant à punir les États qui revendiquent leur souveraineté.
Ce rapprochement dépasse ainsi le cadre de la simple coopération militaire ou économique. Il repose sur une lecture commune du monde, où la Russie et l’AES se perçoivent comme les cibles d’une justice internationale sélective.
En balayant la légitimité de la CPI devant un parterre de 110 ambassadeurs, Sergueï Lavrov ne s’est pas contenté de défendre Moscou, il a acté la rupture définitive entre le bloc occidental et le reste du monde. En qualifiant la justice internationale d’instrument obsolète, le chef de la diplomatie russe confirme que la guerre en Ukraine ne se joue plus seulement sur le front militaire, mais désormais dans une guerre idéologique et juridique totale.
Stephan MOMO (Stagiaire)
MALI 24
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