SOUVERAINETÉ MINIÈRE : QUAND LE MODÈLE MALIEN RÉPOND AU CRI DU CŒUR DU SOMMET AFRICAIN DES MINÉRAUX CRITIQUES
Pendant que le continent hésite, le Mali fait trembler le marché mondial des minéraux critiques en transformant ses lois en instruments de souveraineté. Alors que le monde entier se bouscule pour sécuriser les ressources indispensables à la transition technologique, le Sommet africain sur les minéraux critiques, qui s’est tenu du 25 au 26 août 2026 à Johannesburg, a été le théâtre d’un vibrant rappel à la souveraineté.
Président du sommet, Sentle Fenyane a fustigé l’incapacité chronique des gouvernements du continent à appliquer leurs propres politiques minières face à des acheteurs pourtant très dépendants. Il a déclaré : « L’Afrique est aux commandes. Le monde extérieur doit venir discuter avec nous… Nous sommes amoureux de la rédaction de politiques, mais nous ne les appliquons jamais. »
Ce paradoxe des « politiques de tiroir », qui a longtemps profité aux multinationales prédatrices, a trouvé sa réponse politique et économique la plus audacieuse à des milliers de kilomètres de Johannesburg. Sous la transition souverainiste dirigée par le Général d’Armée Assimi Goïta, le Mali refuse désormais ce fatalisme historique et colonial et applique ses propres textes réformateurs avec une poigne de fer inédite. Bamako apporte la preuve concrète que, lorsque la volonté politique s’impose, le rapport de force mondial peut immédiatement changer de camp.
L’acte fondateur de ce patriotisme économique rigoureux reste la promulgation du nouveau Code minier malien. Ce texte hautement stratégique fait passer la participation maximale de l’État et des investisseurs privés nationaux dans les projets miniers de 20 % à 35 %. Loin d’être une énième déclaration d’intention sans lendemain, cette réforme structurelle s’applique désormais à tous les acteurs du secteur.
C’est notamment sur le dossier ultra-critique du lithium, porté par les gisements majeurs de Goulamina et de Bougouni, que la doctrine de Goïta déploie toute sa puissance régalienne. Face au géant industriel chinois Ganfeng Lithium, le gouvernement de transition a dicté ses conditions strictes : 51 % de la sous-traitance globale doivent être réservés exclusivement aux entreprises maliennes, complétés par l’obligation de planifier des unités de transformation locale.
Le Mali refuse d’être une simple carrière d’extraction à ciel ouvert ; il exige que la valeur ajoutée profite aux populations locales. Pour renforcer cette transparence, l’État a également numérisé son registre cadastral minier unifié.
Le modèle malien valide, de ce fait, point par point la thèse défendue par Sentle Fenyane à Johannesburg. Il prouve que le manque d’application des politiques n’est pas une fatalité africaine, mais un choix politique. En refusant le statut de simple colonie minière pour l’Occident ou l’Asie, le Mali, sous l’impulsion d’Assimi Goïta, montre aux autres nations du continent que, lorsque le leadership est courageux, le monde extérieur n’a d’autre choix que d’accepter les conditions de l’Afrique.
La table ronde réclamée par Fenyane a déjà eu lieu à Bamako et elle est en train de redéfinir les règles du jeu mondial.
Stephan MOMO (Stagiaire)
MALI 24
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