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Front social : Péril sur le pacte social

Dans une lettre datée du 2 avril 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, a instruit les directeurs des académies d’enseignement de procéder, dans un délai de 15 jours, à l’affectation des enseignants titulaires de licence professionnelle dans les écoles relevant des centres d’animation pédagogique de leur ressort. Et la même correspondance de préciser, par ailleurs, que cette mesure transitoire «vise à éviter toute perturbation majeure de l’année scolaire et à garantir le droit à l’éducation des élèves sur l’ensemble du territoire». Le ministre Sy Savané invite par la même occasion les enseignants concernés à reprendre la craie dans leurs écoles respectives avant la formation continue et à donner les cours aux apprenants, en attendant la relecture des textes.

Sauf que ladite démarche a été mal accueillie par les syndicats signataires du 15 octobre 2016. En effet, dans un communiqué en date du 7 avril, les syndicats de l’éducation demandent à leurs militants détenteurs de licence de « rester à leurs postes et exercer correctement leurs missions » en attendant le mot d’ordre des Assemblées générales communes sur l’ensemble du territoire national, le 14 avril 2026.

Affirmant avoir découvert la mesure sur les réseaux sociaux, chose qu’ils considèrent comme un « mépris », les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont dénoncé la suspension de façon unilatérale – pendant que les discussions sont en cours – de la lettre N°2024-001004/MEN-SG du 30 octobre 2024 relative à la suspension du redéploiement des enseignants détenteurs de Licence professionnelle. En effet, selon le contenu de leur communiqué, cette question oppose les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 au département de l’Education nationale depuis plusieurs années. Cette suspension, à leurs yeux, est un mauvais signal qui prouve que les différentes rencontres n’étaient que des diversions et brise définitivement la confiance établie entre les syndicats et le ministre lors de la rencontre de septembre 2024 à la présidence de la République. Aussi, cette volte-face du ministre, précisent les syndicats, incite désormais à la méfiance vis-à-vis du gouvernement quant au respect des nombreux autres engagements pour lesquels ils ont misé sur le dialogue, la concertation et consenti à l’apaisement du climat social. Il s’agit de la prime spéciale d’enseignants, des frais d’heures supplémentaires ou encore de l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités aux services centraux.

Ainsi, à moins d’un dénouement heureux, ce nouveau bras de fer risque de mettre en péril le pacte social signé entre les autorités de la Transition et le monde syndical au lendemain des Assises Nationales de Refondation.

Amidou Keita

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