L’électrochoc du HCIM pour le terrorisme : « La cohésion avant la prière »
À l’appel du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), des centaines de fidèles se sont rassemblés samedi dernier au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ. Cette journée de rassemblement national visait un objectif clair : briser les barrières entre les différentes sensibilités de l’Islam pour bâtir une cohésion solide.
Placée sous le thème du « rôle et de la place de la foi dans la quête du dialogue, de la solidarité et la préservation de l’unité nationale », cette rencontre a été un moment intense de recueillement, de communion et de prières collectives pour le retour définitif de la paix au Mali. L’événement, présidé par le guide spirituel et président du HCIM, Cherif Ousmane Madani Haïdara, a bénéficié d’un fort soutien institutionnel. Il était parrainé par le ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Gal Ismaël Wagué. La présence du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, le Dr Mahamadou Koné, ainsi que de nombreux érudits et notables du pays, a témoigné de l’importance cruciale de cette initiative pour les autorités de la transition.
Prenant la parole, le président du HCIM a tenu un discours de vérité, axé sur la tolérance et le patriotisme. Chérif Ousmane Madani Haïdara a fermement condamné les divisions intérieures et les actes terroristes qui endeuillent le pays. Pour illustrer son propos, le guide religieux a partagé une anecdote historique marquante : la protection de la ville sainte de Tombouctou et de ses érudits musulmans par Biton Coulibaly, le roi animiste de Ségou. Une preuve historique que la cohabitation pacifique et la protection de l’humain dépassent les clivages religieux.
« Votre cohésion est plus importante aux yeux de Dieu que vos jeûnes et vos prières », a martelé le président du HCIM, invitant la jeunesse et les fidèles à ne pas se laisser berner par les « vendeurs de haine », et pour cause. Selon lui, la religion se résume au respect de l’autre et à la tolérance pour harmoniser la vie en société.
Au-delà de la foi, c’est un appel vibrant à la défense de la patrie qui a résonné dans la salle. Le président du HCIM a rappelé que les divergences politiques ou d’opinions vis-à-vis des autorités ne devaient en aucun cas affaiblir le devoir de chaque citoyen de protéger le Mali.
Quant au ministre Wagué, il a profité de la tribune pour apporter des explications sur le combat que mènent les autorités de la transition. Tenez-vous bien : selon le ministre d’État, « l’État malien ne nourrit aucune hostilité à l’égard d’une quelconque religion ». Le combat qu’il mène, à en croire le général, est « exclusivement dirigé contre l’insécurité, l’extrémisme violent et toutes les menaces susceptibles de compromettre la paix et l’unité nationale ».
Et dans une déclaration lue par son secrétaire général, Dr Mahamadou Diamoutani, le HCIM a réitéré son soutien aux autorités de la Transition dans leurs efforts pour le développement et la sécurisation du pays avant de lever toute ambiguïté doctrinale à l’insécurité grandissante. « Les actes terroristes qui sont posés contre l’État, les personnes et leurs biens ne sauraient être le fait de l’Islam », a martelé le secrétaire général. Saluant la résilience et la patience du peuple malien, le conseil Dr Diamoutané a invité la communauté des fidèles à intensifier le repentir, les prières et les invocations collectives pour hâter le retour de la paix.
Au chapitre des recommandations, le Haut Conseil a exigé de l’État un engagement clair sur la préservation des valeurs religieuses, notamment par la pénalisation du blasphème. Pour ce faire, Haidara et compagnons demandent un appui ferme pour la défense des symboles de l’Islam, qualifiant toute atteinte au sacré de menace directe à la cohésion sociale. L’instance suprême des musulmans a aussi plaidé pour l’officialisation du mariage religieux ainsi que l’intégration de l’enseignement religieux dans le système scolaire, perçu comme un rempart indispensable contre l’intégrisme et l’extrémisme idéologique. Enfin, le HCIM presse le gouvernement de transition d’ouvrir très rapidement des concertations pour définir et attribuer un statut juridique officiel aux leaders religieux.
Amidou Keita
Le Témoin
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