Fermeture des sites orpaillages traditionnels : Une bonne décision aux conséquences économiques jugées mitigées
Face aux drames récurrents en période d’hivernage, les autorités de la transition ont décidé la fermeture de tous les sites d’orpaillage traditionnel. La mesure, entrée en vigueur le 15 juin, prendra fin le 30 septembre 2026. Si cette décision, décrétée par le ministère des Mines, vise officiellement à protéger les populations contre les risques d’éboulements mortels, fréquents pendant la saison des pluies, c’est aussi parce qu’une large partie de l’or extrait échappe aux circuits formels, privant au passage l’État de recettes.
Et pour l’une des rares fois, la mesure traditionnelle a été respectée à la lettre sur presque l’ensemble du territoire, du moins dans les régions du sud. Seulement voilà, son entrée en vigueur a engendré de lourdes conséquences socio-économiques, et pour cause. Si elle protège des vies humaines, elle prive simultanément des centaines de milliers de personnes de leurs principales ressources de revenus financiers. Véritable pilier de l’économie de survie, la fermeture de ces sites prive les mineurs artisanaux de leur gagne-pain quotidien.
Et ce n’est pas tout. L’arrêt des mines, au-delà d’avoir stoppé la circulation d’argent liquide, a provoqué une baisse drastique des activités des marchés locaux, des commerces de nourriture et des transports dans les communes minières. Quant aux bras valides, qui avaient déserté les champs pour l’or plus rentable, ils sont contraints de retourner vers les cultures maraîchères ou céréalières. Ces dernières sont pourtant devenues moins rémunératrices en raison de la rareté des intrants, ce qui pousse certains à tenter leur chance dans l’immigration, au risque de périr en mer.
Amidou Keita
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